Lettre n°9 : A Morlaix, 5 listes en présence ?

A l’extrême droite

Il y avait une liste du Front national en 2014, il y aura une liste du Rassemblement national en 2020. Une liste sans consistance, sans projet, sans autre ambition que d’instrumentaliser l’égoïsme catégoriel et la misère sociale pour attiser la haine identitaire. Ceux qui seraient tentés de voter pour cette liste doivent se souvenir qu’en 2014, la tête de liste FN était dans l’impossibilité d’exprimer la moindre idée pertinente pour la ville, et refusait d’ailleurs de répondre aux sollicitations des médias.

La droite classique

Mme Le Brun est très présente dans la presse et elle a déjà fait acte de propagande électorale dans les documents municipaux. Elle va constituer une liste qui aura le soutien implicite ou explicite des Républicains, le parti qu’elle vient de quitter. Son départ ne s’explique pas par des désaccords idéologiques, puisqu’elle a toujours soutenu la frange droitière majoritaire dans ce parti, d’abord M. Sarkozy, puis M. Fillon, jusqu’à ce qu’il soit rattrapé par ses manquements à l’éthique, puis M. Wauquiez. Il est dû au dépit de n’avoir pas obtenu de place éligible sur la liste des Républicains pour les européennes. On peut aussi y voir un certain opportunisme dans la perspective des municipales, avec une volonté de surfer sur le rejet des partis que semble manifester l’opinion publique. La liste de Mme Le Brun sera donc construite non autour d’un parti, mais autour d’un chef, la pratique autoritaire du pouvoir étant une seconde nature pour elle.

A droite encore, La République en Marche

LREM devrait également présenter une liste. Si certains ont pu croire en 2018 que M. Macron était porteur d’une rénovation politique et d’un projet de modernisation du pays qui emprunterait des idées à la droite, à la gauche et à l’écologie, comment ne pas voir aujourd’hui qu’il mène une politique de droite classique, aggravant les inégalités sociales et la dégradation de la planète sous l’influence des lobbies économiques ? Il y aura sans doute dans la liste municipale LREM des gens de bonne volonté, qui feront peut-être émerger quelques idées intéressantes, mais on ne peut ignorer qu’un bon score de cette liste servirait les intérêts d’un capitaine qui encense les premiers de cordée et n’a que mépris pour les soutiers et le petit personnel.

A gauche, deux listes

A l’initiative de la coopérative citoyenne, toute la gauche s’était réunie, il y a un an et demi, dans la perspective de construire, sur la base d’un large rassemblement citoyen, un projet et une liste commune pour les municipales. Hélas, les ambitions personnelles

et/ou partisanes sont passées par là. Le socialiste JP Vermot, craignant de ne pas être désigné comme tête de liste dans le cadre d’un rassemblement citoyen, a quitté le navire, emmenant avec lui le PC et GénérationS. Paradoxalement, alors qu’en 2014, le PC s’opposait à toute discussion avec la coopérative citoyenne avant le premier tour, au prétexte qu’elle acceptait dans ses rangs des adhérents socialistes, il se range cette fois sans états d’âme derrière le PS. Comprenne qui pourra… Malgré de nouveaux échanges après l’été en vue de constituer une liste unique à gauche, PS-PC-GénérationS ont maintenu leur refus initial de reconnaître les mêmes droits aux citoyens non encartés qu’aux adhérents des partis (principe « une personne = une voix ») et JP Vermot a revendiqué de pouvoir cumuler les mandats, ce qui a conduit à l’échec des négociations.

Un cartel de partis traditionnels

PS-PC-GénérationS ont initialement choisi d’appeler leur liste « Morlaix en commun » (pour mieux dissimuler qu’ils étaient à l’origine de la division ?). Pour brouiller les cartes, ce cartel semble désormais vouloir emprunter son intitulé aux précédentes listes écologistes et citoyennes et s’annonce comme « Ensemble pour l’écologie et la solidarité » ! Que faut-il en attendre ? Sans doute un bon nombre d’idées intéressantes, reprises notamment du programme de la coopérative citoyenne ou de celui du Front de Gauche. Mais quand a-t-on vu la gauche traditionnelle placer réellement l’écologie au coeur des politiques publiques ? Et, si l’on pense que l’un des enjeux fondamentaux aujourd’hui, c’est de reconstruire la démocratie en redonnant la parole et le pouvoir aux citoyens, comment faire confiance à ceux qui ont refusé cette démarche dans la préparation de l’élection ? La future politique municipale est contenue en germe dans la manière dont se construisent listes et projets en amont.

Morlaix alternative citoyenne

Situé également à gauche (tout au moins si l’on entend par là l’exigence de justice sociale et de solidarité), ce groupe ouvert rassemble des personnes dont la plupart son non encartées (63 d’entre elles étaient réunies lors de la dernière assemblée citoyenne le 5/11). Toutes sont désireuses de voir réellement changer les pratiques politiques. Chacun.e peut participer au travail commun, en apportant son expérience et ses compétences mais aussi ses doutes et ses questions, et en apprenant des autres. Toutes les personnes impliquées sont à égalité de droits (une personne = une voix) pour décider des orientations, des projets, de la composition de la liste, des modalités d’attribution et d’exercice des responsabilités. Les adhérent.e.s des partis politiques participent à titre individuel (avec leurs convictions) et non en tant que représentant.e.s de leur parti. Les partis politiques peuvent, s’ils le souhaitent, soutenir la démarche. Le projet municipal de cette liste sera bien évidemment centré sur la participation citoyenne.

Morlaix s’enfonce. Un sursaut est nécessaire pour redonner des perspectives et restaurer le bien-vivre commun. C’est possible si nous construisons ensemble une ville pionnière en matière de pratiques démocratiques et sociétales, d’écologie, de création d’emplois pérennes et non délocalisables. Bien sûr, un tel changement ne se fera pas du jour au lendemain et il implique de conjuguer l’esprit d’innovation et le sérieux de la gestion. C’est là l’enjeu de l’élection municipale de mars.

2 Commentaires

  1. Pour être née à Morlaix, c’est un projet dont j’entends parler depuis ma plus tendre enfance ; dans l’absolu, j’aimerais que cela se fasse, mais juste pour le plaisir de voir aboutir un travail démarré, non sans mal, j’imagine, vers1905 ! respect !
    Quand l’idée a germé, il fallait se taper à pied la rampe St augustin ou les 100 marches, ou la rue Gambetta ou la venelle de la roche ou la rue Villeneuve ou la voie d’accès au port pour relier St Martin à Morlaix avec, parfois, une charge de baudet ! l Il ne devait pas y avoir beaucoup de moyens de transport

    Si c’est juste pour rejoindre la gare aujourd’hui…

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