Lettre n°2 : Finances – la ville est-elle bien gérée ?

La question implique de regarder les choses dans la durée. Mme Le Brun répète à l’envi qu’elle a trouvé la ville dans une situation financière « catastrophique » en 2008. Si le terme est excessif, il est vrai que la situation était à l’époque préoccupante. En effet, malgré une forte hausse d’impôts intervenue au cours du mandat 2001-2008, l’endettement avait pris des proportions alarmantes, la majorité PS-PC ayant fait preuve d’un manque de réalisme budgétaire. Guère plus clairvoyante, durant ce mandat, l’opposition de droite, à laquelle appartenait Mme Le Brun, encourageait la majorité à « investir davantage », tout en dénonçant les hausses d’impôts.

Arrivée au pouvoir en 2008, l’équipe de Mme Le Brun a choisi, pour rétablir les comptes :

  • de rajouter une bonne louchée d’impôts supplémentaires, ce qui semble paradoxal pour qui les jugeait précédemment trop élevés ;
  • de limiter les dépenses d’investissement, au moins pendant les premières années, en contradiction avec le discours tenu précédemment ;
  • de couper sans discernement dans toutes les subventions aux associations, négligeant le rôle fondamental que celles-ci jouent dans le lien social.

La potion amère a fait son effet et a permis un désendettement de la ville et une amélioration des comptes en 2 ou 3 années, durée qui montre que, si une réaction énergique était nécessaire, il n’y avait pas pour autant le feu au lac.

Faut-il voir dans ce rétablissement des comptes un signe de bonne gestion ?

Du côté des recettes, la hausse des impôts du premier mandat Le Brun a été aussi sévère que celle du mandat précédent*. Point positif, la majorité de droite a choisi de revoir les bases locatives d’un certain nombre de logements dont la rénovation n’avait pas été déclarée jusque là, ce qui allait dans le sens de l’équité fiscale. Mais, point négatif, à l’encontre de l’objectif de justice sociale, elle a demandé un effort plus important aux ménages modestes qu’aux ménages aisés, en augmentant davantage les impôts des locataires que ceux des propriétaires et, surtout, en diminuant « l’abattement à la base » lors du calcul : cette mesure permet d’augmenter les impôts de manière presque invisible (le taux reste constant), mais la hausse pèse alors plus fortement en proportion sur les logements à faible valeur locative. Mme Le Brun s’est également privée de recettes pour des raisons de « politique politicienne », par exemple en refusant d’installer des panneaux solaires photovoltaïques sur le toit de la nouvelle salle de sports ou en faisant de cet équipement un projet strictement communal alors que la communauté était disposée à prendre à sa charge la réalisation d’un mur d’escalade.

Du côté des dépenses, des efforts substantiels pour économiser l’énergie auraient dû être réalisés. Le peu qui a été fait l’a été bien trop tardivement. Et, malgré la main tendue lors de son second mandat par les Présidents de l’agglomération, JL Fichet et T Piriou, Mme Le Brun a refusé les transferts de compétences à Morlaix Communauté, alors qu’ils auraient allégé les charges de la ville. Au-delà des prétextes invoqués, Mme la Maire tient à conserver la moindre parcelle de pouvoir, fût-ce au détriment des Morlaisiens !

Aujourd’hui, si la situation financière semble pour l’instant sous contrôle, les perspectives sont à nouveau préoccupantes. En effet, après une période sans grande ambition, Mme Le Brun a engagé simultanément, de manière parfois improvisée, sans vision d’ensemble et sans aucune consultation de la population, différents projets qui ne sont pas réellement financés (rénovation du Musée, ascenseur dans le tunnel, « tiers lieu »…). Même en tenant compte des subventions espérées, cet ensemble de projets n’est pas réalisable par la commune dans les délais annoncés sans mettre à nouveau le budget municipal dans le rouge, avec à la clé une forte augmentation de l’endettement et/ou des impôts.

Pourquoi Morlaix rencontre-t-elle des difficultés financières structurelles ?

D’une part, Morlaix, en tant que ville centre, finance un certain nombre d’équipements utilisés par la population des communes voisines ou plus éloignées : piscine, théâtre, musée, site de Langolvas…. (C’est vrai également, dans une moindre mesure, de St Martin, avec un équipement comme le Roudour).

D’autre part, Morlaix connaît une baisse démographique depuis des décennies*. Année après année, on nous serine que la baisse est enrayée mais les chiffres montrent qu’il n’en est rien…

Les charges de centralité doivent donc être financées par une population de moins en moins nombreuse, et cela se traduit mécaniquement par une tendance à l’augmentation des impôts communaux, ce qui favorise la fuite des habitants vers les communes périphériques à plus faible fiscalité, engendrant ainsi un cercle vicieux.

Quelles sont les pistes pour en sortir ?

La réduction des écarts de fiscalité avec les communes voisines est fondamentale si l’on veut casser ce cercle vicieux.

Première piste, le transfert de compétences à Morlaix Communauté. Mme Le Brun nous dit que ce transfert de charges n’aura pas d’effet pour la ville puisque la communauté devrait diminuer d’autant les sommes qu’elle reverse à Morlaix (attribution de compensation). C’est faux : pour preuve, le transfert du « carré magique » de Lannion à LT communauté a donné lieu à un calcul des charges transférées tenant compte des spectateurs « extérieurs » à la commune de Lannion.

Deuxième piste, le « Grand Morlaix » : nous y reviendrons, mais cela signifierait notamment que les charges de centralité sont réparties entre des contribuables plus nombreux et cela mettrait fin à la concurrence fiscale préjudiciable à Morlaix.

Troisième piste, une gestion extrêmement rigoureuse des charges à caractère général, avec notamment un effort important sur la sobriété énergétique (réduction des dépenses d’éclairage et des consommations de fluides).

* voir données sur le blog (rubrique éclairages)

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