Lettre n° 8 Faut-il une liaison mécanique entre le centre-ville et la gare ?

A quoi ça sert ?

Une étude communautaire a été lancée sur cette liaison. Pourquoi ?

Morlaix Communauté a la compétence transports. Dans le cadre de l’opération « pôle gare », elle cherche à développer le transport ferroviaire et veut faciliter l’accès à la gare, et pas seulement pour ceux qui y viennent en voiture : pour les piétons, les cyclistes, les usagers du transport en commun. Comment atteindre cet objectif ?

Première solution : la mise en place d’un bus navette entre la place Cornic, où passent toutes les lignes du réseau urbain, et la gare. Cela a évidemment un coût, et cela pose également des problèmes de circulation, notamment dans la rue Gambetta.

Seconde solution : une liaison mécanique entre le centre-ville et la gare. Morlaix Communauté a décidé à l’unanimité de lancer une étude sur cette option pour en cerner l’intérêt et le coût. Après avoir passé en revue toutes les possibilités (funiculaire, escaliers mécaniques, ascenseur, etc.), la phase 1 conclut que deux scénarios méritent d’être approfondis :

  • l’utilisation du tunnel existant ;
  • la réalisation d’un ascenseur passerelle panoramique accolé au viaduc.

Elle indique que les coûts de ces deux scénarios seront du même ordre mais ne propose pas de comparaison avec le coût du bus navette.

Combien ça coûte ?

Personne ne dispose donc pour l’instant d’estimation précise et fiable. Cela devait faire l’objet de la phase 2 de l’étude, en stand by à ce jour sans qu’on sache qui en a décidé ainsi et pourquoi (un bel exemple de dysfonctionnement de la démocratie communautaire). Mais ce qui est certain, c’est qu’il faut raisonner en coût annuel pour effectuer la comparaison. Admettons qu’on aboutisse aux données suivantes (ce sont de simples hypothèses, mais elles donnent des ordres de grandeur utiles pour la suite de la réflexion) :

Un coût de 100 mille euros par an pour un bus navette assurant une liaison à haute fréquence avec la gare ;

Un reste à charge de l’ordre de 5 millions d’euros pour la collectivité locale pour une liaison mécanique (les subventions sur ce type de projet seraient importantes). En finançant cette somme par emprunt sur 30 ans (les taux d’intérêt sont très bas), et en rajoutant les frais de fonctionnement, cela ferait environ 200 mille euros par an.

Sur ces bases, la question serait alors de savoir si « ça vaut le coup » de mettre 100 mille euros de plus chaque année pour disposer d’une liaison mécanique (surcoût par rapport à la solution du bus navette).

Mais tout cela est très théorique tant qu’on n’a pas un chiffrage précis, et tous ceux qui veulent décider dans un sens ou dans l’autre avant même de savoir combien cela va réellement coûter sont de bien piètres gestionnaires.

Qui doit payer ? Qui doit décider ?

En toute logique, Morlaix Communauté, qui a la compétence transports. Mais à condition que Mme la Maire de Morlaix ne dise pas : « j’ai décidé que… », comme elle veut le faire aujourd’hui. Car, en ce cas, ce sera aux seuls Morlaisiens de payer. S’arroger le pouvoir de décider implique en effet d’accepter d’être le principal financeur.

Compte tenu de l’importance du projet, l’ensemble des citoyens de Morlaix Communauté devrait être consulté par RÉFÉRENDUM. En reprenant les chiffres ci-dessus (surcoût de 100 mille euros), il faudrait ainsi leur demander de voter pour ou contre la construction d’une liaison mécanique ayant pour contrepartie une hausse d’impôt annuelle moyenne de 3 euros environ par foyer fiscal (disons une fourchette de 2 à 10 euros en fonction du chiffrage après étude, voire même 30 euros ou plus si seuls les Morlaisiens payent) et d’indiquer, le cas échéant, quel type de liaison doit être choisi.

Comparaison des deux scénarios de liaison mécanique

Le choix entre les différents types de liaison ne doit pas reposer uniquement sur le coût. Les deux scénarios de liaison mécanique mettent « la gare au centre-ville ».  L’étude communautaire souligne que l’utilisation du tunnel donnerait un accès plus rapide à la gare, évitant ainsi 3 à 4 minutes de marche à pied. En revanche, l’ascenseur-passerelle permettrait de transporter davantage de personnes par heure que le tunnel.

L’utilisation du tunnel impliquerait son réaménagement et l’achat d’une maison qui en bloque l’entrée basse. Mais ses partisans font valoir que c’est un ouvrage existant, qui ne se voit pas, alors que l’ascenseur-passerelle modifierait l’aspect du viaduc et impliquerait l’accord de SNCF Réseau et de l’architecte des bâtiments de France.

Les défenseurs de l’ascenseur-passerelle soulignent en retour qu’il améliorerait l’équilibre urbain puisque la passerelle relierait le côté gare à la colline d’en face près de l’école Corentin Caër. Il favoriserait les circulations douces (piétons, cyclistes) en effaçant une grande partie du dénivelé des deux côtés de la ville et rapprocherait les quartiers est et ouest du centre et entre eux. De plus, le caractère panoramique de l’ouvrage aurait un impact touristique fort (la vue est magnifique à hauteur du deuxième étage du viaduc). Et il contribuerait à transformer Morlaix, en lui donnant une image de vie et d’audace qu’elle a perdue (comme le fait le téléphérique à Brest), avec des retombées positives sur son attractivité (et donc sur l’emploi local, qui en a bien besoin !).

Un débat plombé par les attitudes politiciennes

Aujourd’hui, pour décider sereinement, il faut achever l’étude en cours, en débattre et laisser les citoyens choisir. A Le Brun veut écarter a priori un des scénarios parce qu’il a été porté au départ par les écologistes, puis par la gauche. JP Vermot et I Dupont semblent vouloir jouer la carte de la démagogie en qualifiant la liaison mécanique de projet de « bobos ». Tous ont pourtant voté pour la réalisation d’une étude complète des différents scénarios possibles ! Ils devraient donc aujourd’hui en exiger les résultats et aborder le dossier avec sérieux, dans le cadre d’une vision globale de la ville et des déplacements, en informant l’ensemble de la population des véritables enjeux.

2 Commentaires

  1. Cette liaison doit être réglée à court terme et à long terme :
    Pour le long terme effectivement on pourra opter pour un ascenseur-passerelle , l’utilisation du tunnel existant ou pourquoi pas un système téléphérique ? Pour choisir une de ces options il faudra le temps des études et celui de trancher de manière collective .
    Dans le court et moyen terme il peut être mis facilement en place des navettes gratuites (minibus) électriques.
    Point de départ : 2rue Gambetta puis montée par la rue longue .
    arrêt N° 1 Croisement rue Gambetta .
    arrêt N° 2 Gare sortie Sud .
    arrêt N° 3 Entrée Nord (désenclavement du quartier du logis breton)puis descente par rue de la ville neuve avec
    Arrêt N° 4 quai du Léon et
    retour vers L’arrêt de départ point de départ N° 1
    temps du parcours avec entrées/sorties voyageurs 20 minutes.
    On peut imaginer des rotations tous les dix minutes à 20 minutes selon les heures de la journée d’heures (2 minibus nécessaires pour compter les temps de recharges électriques)

  2. Depuis quand raisonne-t-on ainsi ?
    Quand on réfléchit aux mobilités, on raisonne en fonction des besoins des utilisateurs et pas des technologies.

    La notion même de liaison centre / gare biaisé le débat.

    En effet, celle ci s’inscrit dans un schéma clair mais stupide, rendre Morlaix centre attractive aux navetteurs de la semaine ou du weekend.

    La question est ailleurs.

    Il faut penser la mobilité autrement dans sa globalité. Et se rappeler, entre autre, qu’une grosse part des déplacements font moins d’un km.

Laisser un commentaire