Lettre 20 : Services municipaux – conjuguer bien-être et qualité de service

Le Maire est l’employeur des salariés de la commune. Il exerce cette responsabilité du fait de son élection par le conseil, qui tire lui-même sa légitimité de l’élection municipale. Les agents municipaux sont donc au service de l’ensemble de la population, et non du Maire.

La ville de Morlaix est l’un des premiers employeurs du territoire

Les rôles d’employeur de Morlaix et Morlaix Communauté sont liés à leurs compétences.

De plus la mairie délègue à des associations conventionnées des missions de service public, en finançant ces missions via des subventions ou des achats de prestations : le centre de loisirs « La Récré  », la MJC, le théâtre, l’entretien d’espaces avec « Sevel », etc.

Des indicateurs préoccupants

Depuis une décennie, la baisse des dotations de l’État a obligé les communes à diminuer leurs dépenses de fonctionnement. Ces économies se font souvent au détriment des personnels et de la qualité du service rendu au public.

Aujourd’hui, en moyenne, tous motifs confondus, le nombre de jours d’absences atteint pratiquement un mois par salarié permanent de la ville (29,3 jours par an contre 26,7 jours dans les communes bretonnes de même strate), dont 22,5 jours en raison des maladies ordinaires, longues maladies et accidents du travail.

De quoi ces absences sont-elles le signe ? Les études nationales indiquent que les absences augmentent au sein des collectivités territoriales au fil du temps mais aussi que leur fréquence s’accroît avec l’âge (ce qui peut faire douter de la pertinence d’un recul de l’âge de la retraite) et avec l’ancienneté (les agents qui occupent le même poste depuis longtemps ont davantage d’arrêts de travail). Ces absences sont pour partie au moins le symptôme d’une souffrance au travail, elles sont liées à la pression accrue qui s’exerce sur les salariés et à l’usure professionnelle (monotonie de certaines tâches). Contrairement à l’idéologie qui sous-tend l’instauration du jour de carence (= pas de rémunération le premier jour d’arrêt maladie), les « tire-au-flanc » sont très minoritaires !

On observe également une fréquence des accidents du travail très élevée (13,4 accidents pour 100 agents à Morlaix contre 7,4 dans les communes bretonnes de même strate). Sans surprise, ils concernent essentiellement les filières techniques. On peut alors s’interroger sur la relative faiblesse des dépenses de prévention de la ville (31773 € pour 281 salariés permanents, soit 113 euros par salarié, et non 934 euros comme indiqué dans le bilan social de la ville). Ces dépenses sont du même ordre que celles des communes de même strate mais, compte tenu de la fréquence élevée des accidents du travail, l’insuffisance des moyens consacrés à la politique de prévention est manifeste.

La qualité du service est directement liée à l’implication des agents

Les rémunérations sont en moyenne plus faibles dans la fonction publique territoriale que dans les fonctions publiques hospitalière ou d’État (principalement en raison d’une plus forte proportion d’agents de catégorie C). Néanmoins, les enquêtes montrent que 4 agents municipaux sur 5 sont fiers d’exercer leur métier : ils ont conscience d’être utiles à leurs concitoyens. C’est sur ce sentiment qu’il faut s’appuyer pour renforcer la qualité du service public, qui doit avant tout être un service rendu au public.

Mais tout n’est pas rose. Au niveau national, 2 agents sur 3 déclarent souffrir d’un manque de reconnaissance de la part de leur hiérarchie ou de leurs collègues, ce qui retentit inévitablement sur leur travail.

Comment renforcer le bien-être au travail ?

Renforcer le bien-être au travail a un double objectif : une vie meilleure pour les agents et de meilleurs services pour les citoyens. Les élus peuvent agir par plusieurs canaux :

– en développant un climat favorable au respect du travail accompli par chacun.e ;

– en privilégiant l’autonomie et la responsabilisation sur l’encadrement tatillon ;

– en favorisant la formation (cela peut aller de formations techniques à l’ apprentissage du breton en passant par sauveteur-secouriste au travail par exemple) pour répondre aux objectifs de la collectivité mais aussi pour permettre aux agents d’évoluer et d’éviter l’usure ;

– en reconnaissant l’expertise des agents et en les sollicitant pour qu’ils apportent leurs idées sur la manière de servir au mieux la collectivité.

Défendre le service public

Le service public est menacé par l’externalisation d’un certain nombre de missions. Elle a parfois pour conséquence un renchérissement des coûts et nous y sommes opposés. Il faut toutefois être clair, la ville n’a pas les moyens de recruter davantage. Si des tensions liées à un manque de personnel existent pour certaines fonctions ou si de nouvelles missions émergent, il faudra donc y faire face par des redéploiements sur la base du volontariat. Cela étant, si nous nous gardons bien des promesses inconsidérées dans un contexte où l’État réduit ses dotations, nous savons aussi qu’aucune politique publique ne peut réussir sans l’appui des personnels chargés de sa mise en œuvre.

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