MAC : Finances, du bilan aux perspectives

Un endettement faible

La dette de la ville est faible en raison d’un désendettement mené depuis deux mandats (13 emprunts pour un capital total restant dû de 12 millions d’euros au 31/12/19).
Ce désendettement est le résultat :

  • d’une forte augmentation de la pression fiscale en début de mandat
  • de coupes dans les subventions aux associations
  • d’une politique peu dynamique des investissements. La ville s’est contentée pour l’essentiel d’investissements ordinaires (sur la voirie, les écoles, le renouvellement des équipements).

Le seul investissement d’envergure a été la nouvelle salle de sports. Sur le plan financier, cette opération a été mal gérée :

  • la ville l’a portée seule alors que Morlaix Co avait affiché son intention de construire un mur d’escalade
  • la ville s’est privée des recettes qu’auraient générées une toiture recouverte de panneaux photovoltaïques.

Un autofinancement préoccupant

La faiblesse des investissements est liée au montant très bas de l’autofinancement (c’est-à-dire l’argent qui reste pour investir et rembourser les emprunts, après avoir payé toutes les dépenses de fonctionnement). L’autofinancement a baissé de 1,2 millions d’euros par rapport à l’année 2014. Et il est très inférieur à celui des communes comparables (35% de moins que les communes de même taille).
Cela s’explique notamment par :

  • des recettes limitées, avec une fuite de la population et surtout des classes moyennes vers les communes périphériques
  • des charges de centralité très élevées, avec des grands équipements à charge de la ville alors qu’ils bénéficient aux habitants de tout le territoire (et même au-delà)

Morlaix est donc devenue une ville-centre pauvre qui perd des habitants et qui éprouve des difficultés à faire face à ses charges.

Des impôts trop élevés

Les impôts sont très élevés par rapport aux communes voisines. Par habitant, notre taxe foncière est 1,5 fois plus élevée que celle de Saint-Martin et presque 2,5 fois plus que celle de Plouigneau !

En euros par habitant, les données sont les suivantes. En moyenne :
Morlaix : 367 €
Saint-Martin des Champs : 280 €
Plourin-lès-Morlaix : 191 €
Plouigneau : 151 €

De tels écarts de fiscalité constituent un frein réel à l’installation des nouveaux ménages dans notre ville.

Des marges de manœuvre limitées

Des projets tels que la rénovation du Musée et la liaison « Ville haute – Ville Basse » ne sont pas envisageables dans le contexte financier actuel puisqu’on ne peut pas augmenter les impôts sans précipiter le déclin de la ville et que l’autofinancement suffit à peine à faire face au remboursement du capital emprunté et aux investissements ordinaires.

Des économies sont possibles :

  • sur les charges à caractère général. On peut maîtriser l’évolution de certains postes de dépenses (exemple, les fluides, avec des actions d’économies d’énergie sur l’éclairage et sur les bâtiments municipaux)
  • par la mutualisation de services et d’équipements avec les communes voisines.

Mais on ne pourra pas restaurer la capacité de financement de la ville sans transférer des compétences et les charges de centralité correspondantes à Morlaix Communauté (musée, théâtre dont 30% du public est morlaisien, piscine de La Boissière, Langolvas). Ces transferts d’équipements dits « structurants » (car ils servent l’ensemble du territoire) ont fait l’objet de recommandations de la Chambre Régionale des Comptes. Morlaix Communauté n’y est pas opposée, à l’exception du musée (Morlaix Communauté estime avoir « fait sa part » avec la maison Penanault et avec l’espace des Sciences). Ils permettraient de redonner des marges de manœuvre à la ville centre.

La perspective du Grand Morlaix

Le territoire a besoin d’une ville-centre forte. La zone agglomérée compte près de 25000 habitants alors que la commune de Morlaix en comptabilise moins de 15000. Le principal obstacle au Grand Morlaix réside dans les écarts de fiscalité entre communes (écarts de taxe foncière puisque la taxe d’habitation va progressivement disparaître).
Cet obstacle peut être levé par :

  • un appui de Morlaix Communauté au processus, avec le transfert des charges de centralité évoqué plus haut
  • l’aide financière de l’État aux « communes nouvelles »
  • les recettes supplémentaires découlant d’une population accrue
  • les économies d’échelle susceptibles d’être réalisées

Si l’on prend en compte ces éléments, on peut envisager à la fois une baisse de la fiscalité à Morlaix et un processus de lissage permettant aux niveaux de fiscalité des différentes communes de converger progressivement. Ce sera un travail long mais on peut y arriver !

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